Notre rôle dans le ralliement des indépendantistes

Le point sur l’article 2 de nos statuts

Un des piliers éthiques fondamentaux d’Option nationale depuis le début, c’est que nous nous sommes engagés à toujours faire passer la cause de l’indépendance avant toute forme de partisanerie. L’indépendance avant les enjeux de gouvernance, l’indépendance avant les partis, l’indépendance avant les jeux d’égo. Ça, ça m’a plu. Ça fait partie, très concrètement, de ce qu’on appelle faire de la politique une chose noble.

Si Option nationale est apparu, c’est parce que les indépendantistes se trouvaient orphelins de parti, pris entre l’attentisme péquiste assoiffé de demi-pouvoir et le «peut-êtrisme» solidaire. Notre pertinence est née d’un contexte historique de la politique québécoise, un contexte de crise qu’il faut voir comme l’opportunité d’un changement de cap, d’une renaissance du mouvement indépendantiste dont nous sommes les représentants.

Clarifier l’article 2 : un acte indépendantiste

Actuellement, l’article 2.1 de nos statuts se lit comme suit :

«Option nationale affichera une ouverture permanente à collaborer, voire fusionner, avec toute autre formation politique dont la démarche est aussi clairement et concrètement indépendantiste que la sienne. Toute ouverture ou collaboration devra être entérinée par le congrès national. En cas d’urgence électorale, une entente temporaire peut être votée aux deux tiers du conseil national

Nous devons clarifier ce que nous entendons par une «démarche […] aussi clairement et concrètement indépendantiste» que la nôtre. Pourquoi ? Parce que ce n’est pas clair pour tout le monde et qu’on manque une belle occasion de faire la pédagogie de l’indépendance. En laissant l’article tel qu’il est, nous avons l’air de l’avoir créé juste pour pallier facilement les inévitables accusations de division du vote qui freinent l’avancement de nos appuis chez les gens qui sont déjà indépendantistes. Notre mission est de faire de nouveaux indépendantistes, mais aussi de rallier ceux qui le sont déjà. Effectivement, dans la dernière année, il s’est cultivé l’idée chez les souverainistes qui logent ailleurs que nous étions de mauvaise foi et que nous ne trouverions jamais aucun parti suffisamment indépendantiste pour être digne de collaborer avec nous. En clarifiant nos conditions, nous ferons preuve de bonne foi et nous ferons prendre conscience à l’ensemble des indépendantistes hors-ON de ce qui distingue une véritable démarche indépendantiste d’un vœu pieu. Tel est le rôle de leader du mouvement indépendantiste que nous avons à incarner. Si nous appliquons ces principes, nous sommes susceptibles d’augmenter nos appuis et de bâtir rapidement notre rapport de force sur l’échiquier politique québécois.

Clarifier : l’occasion de mettre la barre haute

Clarifier l’article 2.1 sera l’occasion de prendre l’initiative dans la reconfiguration du cadre stratégique de la prochaine tentative d’accession à l’indépendance. C’est l’occasion de mettre la barre haute et de sortir des mauvais compromis du passé. Les critères devraient être décidés démocratiquement au sein du parti, mais ce pourrait être, par exemple, de faire en sorte que le mode d’accession à l’indépendance reflète la primauté de la démocratie québécoise sur tout autre cadre législatif, que l’indépendance soit visée sans condition à l’intérieur d’un premier mandat, que ce soit le thème principale de la campagne électorale, etc. En clarifiant ce que nous entendons par une démarche «clairement indépendantiste», nous allons mettre en lumière la distance qui en sépare les autres partis à prétention indépendantiste. Ce faisant, nous gagnerons des appuis et accélérerons le moment où nous mènerons l’échiquier politique québécois à son point de bascule et où nous en prendrons la direction. Lorsque nous monterons dans les intentions de vote au point où le Parti québécois ne sera même plus capable d’obtenir un gouvernement minoritaire ou même l’opposition officielle, il disparaîtra ou changera radicalement. Le Parti québécois actuel ne me plaît guère. Sa direction ne m’inspire aucune confiance et je ne pense pas que sa base militante puisse la faire changer. Mais qui aurait cru, au temps où Pierre Marc Johnson était chef du PQ, qu’un Jacques Parizeau arriverait par la suite pour mener le Québec dans une autre épopée référendaire ?

Bref, lorsque je suggère de clarifier l’article 2 de nos statuts, c’est pour que nous jouions notre rôle de leader du mouvement indépendantiste. C’est pour le forcer à se reconfigurer et à se rallier autour de la démarche claire, franche et décomplexée d’accession à l’indépendance qui est la nôtre. Des changements profonds devront avoir lieu au sein des autres partis à prétention indépendantiste pour que nous envisagions une collaboration avec eux. Toutefois, en clarifiant l’article 2, nous les priverons de l’esquive facile de présumer publiquement de notre mauvaise foi dans notre intention de favoriser le ralliement de tous les indépendantistes. S’ils veulent véritablement l’indépendance, nous les condamnerons à l’audace. S’ils ne la veulent pas, ce sera finalement clair pour tout le monde.

Nous devons demeurer sincères dans notre intention de faire passer l’indépendance avant tout. Il serait présomptueux de nous penser plus fins que les autres, de penser que nous sommes à l’abri du piège de la partisanerie dans lequel s’enlisent les partis qui durent plus d’une génération. Cet article-là est un legs des débuts du parti, qui est là pour toujours nous rappeler d’où nous venons et pour quelle cause nous luttons véritablement. 

Ce contenu a été publié dans article 2, clarification, indépendance. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

2 réponses à Notre rôle dans le ralliement des indépendantistes

  1. Luc Bertrand dit :

    Vous avez raison monsieur Zanetti. Avant de vous donner ma propre définition d’une « démarche clairement et concrètement indépendantiste », je vais vous lister les critères qui devraient baliser cette définition:

    – On est indépendantiste ou on ne l’est pas. L’indépendance est un tout non négociable. C’est la plénitude des pouvoirs d’un pays souverain;
    – L’indépendance est urgente et incontournable si nous voulons un Québec de langue et de culture françaises. En tant que province subordonnée au pouvoir d’un autre État qui ne veut pas s’accomoder de notre différence, la politique dans un tel cadre juridique ne peut faire autrement qu’affaiblir notre État national. La lente mais continuelle érosion de la majorité francophone, sa division sur la question nationale en comparaison de l’appui quasi monolithique de la minorité anglophone et des allophones intégrés à celle-ci au maintien du statu quo avec le Canada, font en sorte que le point de non retour pour la réalisabilité de l’indépendance est près d’être atteint, s’il n’est pas déjà dépassé;
    – Nous vivons, au moins depuis 1982, dans un cadre juridique illégitime et systématiquement conçu pour empêcher l’édification d’un État national conforme à la volonté de sa majorité francophone. En conséquent, la poursuite de la politique dans un tel cadre ne peut que cautionner l’autorité des institutions qui nous l’ont imposé;
    – L’élection demeure le processus démocratique dans notre système parlementaire qui permet à la population de choisir son gouvernement et qui confère à celui-ci la légitimité de mettre en oeuvre son programme s’il l’a clairement et publiquement fait connaître pendant la campagne électorale;
    – Tous les gouvernements péquistes qui ont accepté (suite à un refus de l’indépendance par la population) ou demandé un mandat de stricte gouvernance provinciale ont été contraints, à cause des prérogatives d’Ottawa, de prendre des décisions aux conséquences dramatiques qui ont non seulement nui à l’ensemble de la population québécoise, mais également contribué à discréditer l’idée d’indépendance et l’ensemble du mouvement indépendantiste;
    – Les révélations récentes de Frédéric Bastien confirment que les diplomaties des principaux pays sur lesquels nous comptons pour reconnaître notre indépendance (France, États-Unis et Grande-Bretagne) sont au fait de notre situation politique et des rapports entre le mouvement indépendantiste québécois et le Canada;
    – Le référendum gagnant comme moyen démocratique de signifier la volonté populaire d’un peuple de se libérer de la tutelle d’un autre État suzerain n’est envisageable et réaliste que lorsqu’il y a entente de gré à gré entre les gouvernements des deux entités nationales, une parité des moyens que disposent les deux camps et le respect du droit des citoyens de se prononcer sur la question en toute liberté.

    Ces éléments de réflexion ainsi énoncés, il est donc clair qu’une « démarche clairement et concrètement indépendantiste » implique nécessairement la volonté de réaliser l’indépendance à l’intérieur de tout mandat qu’un parti se disant indépendantiste se propose de demander à la population québécoise. De plus, il ne saurait s’accomoder – du moins autrement qu’à très court terme – de l’actuel cadre juridique canadien, sachant qu’il condamne systématiquement et structurellement à l’échec toute possibilité de réussir à réaliser l’indépendance en observant ses règles.

    Pour être plus clair, une « démarche clairement et concrètement indépendantiste » impliquerait soit l’engagement formel à réaliser l’indépendance une fois élu, soit en la réalisant après avoir tenu un référendum gagnant selon des règles non imposées par le gouvernement du Canada ou des autres provinces.

    À ce que je sache, ni la « gouvernance souverainiste » du PQ ni l’ordre des priorités posé par QS ne constituent des « démarches clairement et concrètement indépendantistes ». Seuls les mandats obtenus par le PQ sous René Lévesque (1976) et Jacques Parizeau (1994) peuvent être qualifiés comme comportant une « démarche clairement et concrètement indépendantiste », à condition que le principe d’indépendance du peuple québécois ne soit pas subordonné à la conclusion du lien économique proposé avec le Canada anglais.

  2. Quatre citation ont suscité mon attention : Effectivement, dans la dernière année, il s’est cultivé l’idée chez les souverainistes qui logent ailleurs que nous étions de mauvaise foi et que nous ne trouverions jamais aucun parti suffisamment indépendantiste pour être digne de collaborer avec nous.

    Si nous appliquons ces principes, nous sommes susceptibles d’augmenter nos appuis et de bâtir rapidement notre rapport de force sur l’échiquier politique québécois.

    Ce faisant, nous gagnerons des appuis et accélérerons le moment où nous mènerons l’échiquier politique québécois à son point de bascule et où nous en prendrons la direction.

    Il serait présomptueux de nous penser plus fins que les autres, de penser que nous sommes à l’abri du piège de la partisanerie dans lequel s’enlisent les partis qui durent plus d’une génération.

    Avec cela, ça me rejoint totalement, depuis 1867, avec un vote de parlement ayant pour but de nous assimiler sans l’accord du peuple québécois pour faire parti de la confédération, en 1982, une constitution négligeable imposé sans l’accord du peuple québécois ici aussi, nous avons la pleine légitimité d’en sortir en donnant le plein pouvoir au peuple et non diriger par la minorité ploutocratique, imposé autant par le Québec que le Canada. C’est cela être une république, c’est cela l’indépendance.

    Pour la 1ere et 4e citation c’est vrai que chez ON, on a la fâcheuse habitude de se prétendre plus souverainiste qu’un autre. C’est FAUX, nous sommes tous souverainistes, mais à notre manière. Aussi c’est vrai que les solidaires comme les péquistes nous disent de mauvaises foi à cause de cet présomption et oui cela tombe justement dans la partisanerie aveugle que prend le parti à sa dérive. C’est cela que je déplore le plus étant officier, membre ou simple citoyen. Pour qu’ON aspire à changer les choses, il faut avoir un rapport de force en devenant directement le parti républicain québécois, progressiste. Il faut rester ferme sur nos convictions, car si nous changeons notre fusil d’épaule, comment faire de la politique autrement comparé aux autres partis.

    En passant, le point de bascule pourrait se dire, l’étincelle qui fait raviver la braise et permettre au feu de reprendre de plus belle.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>